C’est une première mondiale : une équipe lilloise vient de développer le premier stérilet pour homme. Il s’agit de STEOM : un dispositif mécanique de contraception masculine réversible, sans hormones, et posé en une quinzaine de minutes. On est parti à la rencontre des chercheuses et chercheurs du CHU de Lille pour en savoir plus, je te raconte tout ça. 👇
Bientôt un premier stérilet pour homme à Lille, une innovation pour plus d’équité sur la contraception
Ce qui est sûr, c’est que l’annonce de cette invention n’est pas passée inaperçue : une bonne nouvelle pour certains, des interrogations pour d’autres voire du rejet. La création d’un stérilet pour homme surprend et pourtant, son développement fait suite à un constat très clair.
Aujourd’hui, la contraception reste encore largement considérée comme une responsabilité attribuée aux femmes. La preuve : la majorité des types de contraception disponibles leur sont dédiés. Pourtant, de plus en plus d’hommes se questionnent et s’intéressent aux alternatives. Pour l’anecdote, des premières recherches sur le stérilet masculin avaient déjà été lancées dans les années 80. Aujourd’hui, les demandes de vasectomie ont été multipliées par 15 en 12 ans en France, alors que le nombre d’IVG continue d’augmenter.


C’est à partir de ce constat que Julie Prasivoravong, spécialiste de la fertilité masculine au CHU de Lille a eu l’idée de développer un « stérilet pour homme » appelé STEOM (qui signifie « stérilet pour homme » tout simplement), pour apporter plus de choix aux hommes et rééquilibrer la charge liée à la contraception.
Comment fonctionnera le stérilet pour hommes créé par l’équipe du CHU de Lille ?
Tu te demandes peut-être comment va se présenter ce fameux stérilet, où sera-t-il posé, avec ou sans hormones, est-ce que la pose sera douloureuse ? Je vais tenter de répondre à toutes ces questions. 🙂
En gros, ce stérilet sera capable de bloquer mécaniquement le passage des spermatozoïdes, ce qui empêchera la fécondation.
Julie Prasivoravong explique : « Je voulais mettre au point une solution non hormonale, la plus low-tech possible. Mon ambition, c’est de permettre au plus grand nombre de gens possible d’accéder à la contraception. »
Le stérilet aura la forme d’une petite pince qui sera insérée sous la peau en une quinzaine de minute, ce qui nécessitera une petite anesthésie locale, mais sa pose ne sera pas plus douloureuse que celle d’un stérilet féminin (qui, lui, est réalisé sans anesthésie 😌). Il sera sans hormones, ce qui limitera les effets secondaires, et surtout, réversible ce qui permettra aux hommes de retrouver leur fertilité à tout moment.
L’objectif de l’équipe de CIC-IT de Lille (un laboratoire de recherche au cœur du CHU de Lille), composée de Julie Prasivoravong, Jessica Chiro, Justine Mauro et Dominique Prasivoravong, est qu’il soit implantable pendant 3 ans.


L’un des plus gros défi de l’équipe a été de miniaturiser l’implant, Justine Mauro, ingénieure R&D nous confie : « On voulait quelque chose qui puisse être confortable dans la vie de tous les jours. »
Une nouvelle contraception disponible d’ici 2033
On sait, ça paraît long, mais c’est le temps nécessaire pour lancer et finaliser les phases de tests et lever toutes les barrières réglementaires.
En attendant, les équipes continuent leur travail pour que STEOM devienne une réalité. Les premiers essais précliniques ont été lancés au mois de mai, en collaboration avec l’université de Liège, avant un élargissement progressif des études. Ces essais permettront de confirmer que le stérilet ne nuit ni à la fertilité ni à la sexualité. Il faudra ensuite patienter quelques années avant sa commercialisation.
Ce qui est sûr, c’est qu’on peut déjà se réjouir de cette avancée qui permettra d’apporter plus de liberté aux couples sur leur choix de contraception et de répondre à la demande grandissante sur ce sujet. Bravo aux équipes du CHU de Lille qui font briller le Nord avec cette innovation. 👏
Infos pratiques
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