Est-ce que tu connais l’histoire de Louise-de-Bettignies ? Pourquoi une des plus grandes places de Lille porte son nom ou encore pourquoi un musée à sa mémoire va ouvrir à Saint-Amand-Les-Eaux…

De jeune femme bourgeoise à espionne

Originaire d’une famille Belge devenue française au cours du 19ème siècle, Louise-de-Bettignies est née le 15 juillet 1881 à Saint-Amand-Les-Eaux. Dès 1895, ses parents habitent à Lille (Au 166 rue d’Isly). Après une enfance plutôt banale, elle partit étudier en Angleterre suivre des études supérieures chez les Ursulines et à Oxford. C’est là-bas qu’elle apprit à parler de nombreuses langues étrangères dont l’anglais et l’allemand. La mort de son père à Lille en avril 1903 la fit revenir dans cette ville où elle terminera ses études à la faculté de l’université de Lille, en 1906. Après ses études, elle travailla en tant que préceptrice, voyageant aux 4 coins de l’Europe.

Suite à une escalade de conflits et d’alliances, la première guerre mondiale éclata en 1914. C’est alors que Louise rentra auprès de sa soeur dans le nord de la France. Lorsque l’Allemagne envahit la France puis occupa Lille, elle s’engagea en tant qu’infirmière, soignant les soldats alliés et allemands.

À cette période, le réseau de renseignements de la France était un peu archaïque et le nord était totalement coupé du reste du pays. L’état-major qui cherchait quelqu’un capable de faire passer des lettres approcha Louise qui correspondait au profil. C’est à ce moment là que Louise commença sa “carrière” d’espionne clandestine sous le pseudonyme d’Alice Dubois, qui serait une employée d’une société d’import-export en France libre.

Au service des renseignements français et anglais en même temps

Grâce à ses compétences en langues étrangères, elle travailla également pour les anglais. C’est alors que Louise devint agent pour le SIS (Le Secret Intelligence Service – Le MI6 aujourd’hui). Elle entra alors en résistance sans qu’on connaisse véritablement ses motivations. Envoyée en Angleterre à Folkestone, elle reçut une formation rudimentaire à l’art de l’espionnage avant de retourner à Lille.

En février 1915, Louise prenait alors la tête de son propre réseau d’espionnage (Le réseau Alice). Elle réussit à réunir une centaine de personnes, tout en centralisant les informations sur les opérations de l’armée allemandes depuis son logement à Lille avec son amie et bras droit Léonie Vanhoutte, qui a joué un rôle très important également dans toute cette histoire. Elle correspondait alors avec la “Dame Blanche”, un réseau de renseignement belge qui transmettait les informations aux britanniques par le biais des Pays-Bas qui étaient restés neutres. Elle fit passer la frontière à ceux qui en avaient besoin et transportait régulièrement des lettres avec des positions ennemies, des ordres que son réseau avait réussi à intercepter ou encore le contenu de trains de marchandises. Ces énormes risques qu’elle prenait au quotidien permettaient à la résistance de s’organiser et aux anglais d’être beaucoup plus efficaces (Bombardement d’endroits ciblés, décisions stratégiques, …)

Pour rester anonyme, Louise se déguisait constamment. Elle pouvait être institutrice le temps d’une journée et vendeuse le lendemain. Elle se débrouillait pour qu’on ne trouve aucun document sur elle si on la fouillait, trouvant des cachettes telles que son manche de parapluie, des tablettes de chocolat, le creux de ses talons, ..

Malheureusement, toute belle histoire a une fin et les allemands qui la redoutaient retournaient toute la ville de Lille pour réussir à trouver son identité. Ce qu’ils finirent par réussir à cause de traitres au sein de son réseau d’espions. Elle fut arrêtée à la gare, repérée par un soldat lors d’un contrôle d’identité alors qu’elle essayait de faire disparaitre un papier en l’avalant. Elle ira alors en prison en travaux forcés où elle continuera tout de même son combat contre les allemands (Les femmes du nord sont obstinées). Elle créa des mouvements de rébellion pour ralentir la progression ennemie et ça lui a malheureusement valu d’être enfermée à l’isolement avec nuls soins. Elle y mourra à l’âge de 38 ans.

Son rôle fut si important durant la guerre que les anglais l’ont surnommé “la reine des espionnes”. Les français l’ont également surnommé “la Jeanne d’Arc du Nord” après la guerre. Il est estimé que son engagement aura sauvé la vie de plus de 1000 britanniques.

Cette histoire m’a été inspirée par le youtubeur La Folle Histoire qui fait des vidéos très cools sur l’histoire de France. Si t’es un passionné d’histoire tu y trouveras ton bonheur. 🙂

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